Menu
Home
News
Portrait
Voyages
Photos
Planification
Tables du monde
Liens
Contact


Cuzco et la Vallée Sacrée Version imprimable
Ecrit par Stéphane   
14-05-2008
Capitale de$ Inca$

Mur Inca dans CuzcoQuelle étrange arrivée. Au milieu d’un boulevard gris et détrempé de Cuzco, notre bus fait une manœuvre et entre en marche arrière dans une ruelle. Sauf qu’elle a des portes que l’on referme immédiatement. Nous sommes ensuite parqués dans une petite pièce où, en même temps que les rabatteurs se mettent en chasse, nos bagages sont déchargés. En deux temps trois mouvements, nous montons à bord d’un van pour le centre. Inutile de demander où aller, on nous emmène juste voir un hôtel avant. Dans des situations pareilles, le transport est gratuit. Surtout si l’on prend une chambre dans l’hôtel en question. Sauf que cette fois, le chauffeur me réclame 5 soles pour un trajet qui en vaut peut-être 2. Je ne suis certainement pas bien réveillé, on nous a transbordé à gauche à droite en nous noyant d’informations, mais je ne suis pas encore devenu fou ! J’entreprends donc d’exposer mon point de vue au chauffeur, car nous ne nous sommes visiblement pas bien compris.

En chemin vers le Machu Picchu.

La concurrence est rude dans la Mecque du tourisme péruvien, et nous ne tardons pas à voir réapparaître notre rabatteuse de l’arrêt de bus pour une nouvelle couche d’information. Il faut dire qu’il y a de quoi faire dans la région. Et chaque attraction a son excursion bien entendu. Toujours indécis quand au comment et au où, nous optons pour un City Tour qui couvre la ville et ses proches environs. Nous commençons à réaliser notre erreur en voyant la taille du bus et surtout ses passagers. De parfaits touristes Lambda qui doivent avoir leur photo devant chaque caillou et chaque brin d’herbe. Notre guide nous explique que, comme de gentils moutons, nous devons suivre le petit drapeau qu’il nous agitera sous le nez de site en site. Nous ne sommes qu’un groupe parmi tant d’autre et il nous fait avancer pour laisser la place. Nous avons juste le temps de prendre une photo, et encore il faut se dépêcher pour ne pas avoir la bimbo qui vient poser pour son chéri juste devant soit ! Nous passons en revue, plus que nous ne visitons, les sites de Saqsaywaman, Qoricancha, Q’enqo, Pukapukara et Tambomachay sur un rythme de Japonais visitant l’Europe. Nous sommes écoeurés ! Plus jamais.

La ville de Cuzco est néanmoins très belle. De l’ancienne capitale Inca, on peut encore admirer les murs monumentaux des plus grands palais ou temple. Les Espagnols en ont gardé les fondations, remplaçant les structures supérieures par des églises la plupart du temps. Car ici comme ailleurs, tous les ordres catholiques se sont charitablement empressés de venir construire leurs églises et ainsi participer au salut des âmes perdues de ces pauvres Indiens… Mais je m’égare. La vue de ces murs composés de blocs de tailles et de formes différentes et ajustés à la perfection me laisse sans voix. Surtout quand on sait que la région est très sismique et que la majorité des églises de la ville ont déjà été reconstruites, certaines jusqu’à 4 fois. Les fondations incas quand à elles n’ont toujours pas bougé…

Le backpacking a aussi ses modes, et l’une d’entre elle est d’avoir « fait l’Inca Trail » pour aller au Machu Picchu. La demande est telle, surtout depuis que le gouvernement a restreint le nombre journalier de trekkeur à 500 ( !), qu’il faut réserver jusqu’à une année en avance en pleine saison, et débourser environ $450 ! Pour dormir 3 nuits sous tente et marcher 4 jours en portant son sac. Excusez mon langage, mais si ça ce n’est pas se foutre de la gueule du monde, alors je ne sais pas ce que c’est ! Le pire, c’est qu’on se bouscule au portillon pour avoir le privilège de se faire enfiler de la sorte. Ils doivent tous marcher comme des cow-boys sur ce chemin ! Enfin, ce n’est que mon opinion personnelle. L’idée de marcher en file indienne toute la journée pour arriver dans des campements bondés n’est pas celle que je me fais du trekking. Et si en plus il faut payer une fortune pour avoir cette « chance », alors c’est pour moi une aberration. Ou une mode, ce qui est parfois synonyme.

Le Machu PicchuPar contre, l’idée de marcher jusqu’au Machu Picchu nous plaît bien, et nous finissons par nous inscrire pour l’Inca Jungle Trek. Nous aurions pu le faire par nous même, mais en passant par l’agence, nous avons une première journée à vélo, et le train le dernier jour. Malheureusement, ce ne sont pas les mêmes vélos que  pour la Death Road. Ce qui ne nous empêche pas de prendre beaucoup de plaisir. Notre chemin durant les deux jours suivants suit la vallée de la rivière Urubamba. Le panorama est splendide, les montagnes étant recouvertes d’une épaisse végétation. Nous empruntons même un chemin inca accroché à une pente vertigineuse. Après avoir servi de refuge à un singe en proie aux attaques d’une espèce de raton excité, avoir relaxé nos muscles dans les eaux chaudes des spectaculaires bains thermaux de Santa Teresa et peint nos visages aux couleurs de la Hollande grâce à une plante locale qu'utilisaient déjà les Incas, nous arrivons finalement au pied des plus célèbres ruines péruviennes. Après une très courte nuit, nous quittons Aguas Caliente à la lueur de nos lampes frontales et grimpons sur la « vieille montagne », plus connue sous son nom Quechua, Machu Picchu. A 2400 mètres d’altitude, son sommet est dans la brume, et nous ne voyons pas à 10 pas lorsque notre guide commence à nous parler du site. Au fur et à mesure de ses explications, le voile se déchire, laissant apparaître un mur par-ci ou une terrasse par-là. Deux heures plus tard, quand notre tour se termine, le site baigne dans la lumière du soleil matinal et nous pouvons enfin l’apprécier dans son ensemble. Mais cette vue m’est tellement familière pour l’avoir trop vue en photo que je ne peux contenir un petit sentiment de déception. Ce que les photos ne montrent pas par contre, et qui me coupe le souffle, c’est le vide de chaque côté du site. Quelques 600 mètres plus bas, le Rio Urubamba enserre le Machu Picchu, faisant une boucle autour du Huayna Picchu (« jeune montagne » en Quechua), la pic que l’on voit toujours en arrière plan.

Aujourd’hui, l’UNESCO a mis le Machu Picchu sur la liste des monuments en danger. Les enjeux économiques sont énormes, car le site est une vraie poule aux œufs d’or. L’entrée à elle seule vous fait lâcher près de $50 ! Dans une vision entièrement à court terme, le gouvernement entend bien faire cracher la poule un maximum. Le train, seul moyen d’accès à Aguas Caliente, a été vendu à une compagnie étrangère qui se rempli les poches. A qui a profité l’opération, cela reste un mystère. Un projet de téléphérique, auquel les locaux s’opposent avec raison, est encore à l’étude. Aujourd’hui, les plus grand danger pour le Machu Picchu vient de sa célébrité. La pression à laquelle les 4 à 5000 visiteurs journaliers soumettent le site est incalculable. Si aucune mesure n’est prise, il est probable qu’il n’y ait plus grand-chose à visiter d’ici peu. Que la plus grandiose relique du plus grand Empire précolombien d’Amérique du Sud, construit au XVe siècle et ayant survécu à tous les séismes depuis lors, soit traité avec si peu de considérations est très triste. Aujourd’hui, les descendants des Incas ne vénèrent plus le Dieu Soleil, mais bel et bien le Dieu Dollar.

Notre tour était sensé nous ramener à Cuzco, mais nous l’abandonnons Ollantaytambo, après ce qui doit très certainement être l’heure et demi de train la plus chère d’Amérique du sud. Nous profitons ainsi de visiter le lendemain quelques sites de la Vallée Sacrée sur le chemin de Cuzco. De retour en ville, cette dernière est prise de la folie Copa de Los Libertadores et les rues sont pleines de vendeurs de tickets. Cela ne fait qu’une série de personnes de plus qui tentent de vous vendre quelque chose. Nous saturons de ne pouvoir nous promener en paix, et décompressons par une soirée de folie avec les amis que nous nous sommes fait en chemin. Le Pisco Sour coule à flot et nous dansons jusqu’au bout de la nuit. La dernière à Cuzco que nous fuyons le lendemain. Trop touristique, (beaucoup) trop chère, trop trop.

< Précédent   Suivant >
Position actuelle

Cossonay, Suisse


En ligne
Il y a actuellement 35 invités en ligne
   Home arrow Voyages arrow Pérou 2008 arrow Cuzco et la Vallée Sacrée