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Arequipa Version imprimable
Ecrit par Stéphane   
07-05-2008
Au pays des condors
Antoinette au monastère Santa Catalina- Hotel La Reina, por favor.

Suivant les conseils de Thierry qui avait passé un mois à Arequipa en 2005, nous indiquons notre destination au chauffeur de taxi. Le bâtiment devant lequel il nous dépose, outre une magnifique double porte en bois, ne paie pas autrement de mine. Nous demandons à voir une chambre sur le toit, toujours sur recommandation. Le panorama que nous y découvrons est splendide. A nos pieds, le vaste monastère de Santa Catalina et la « Ville Blanche » - comme a été surnommée Arequipa – qui s’étend au loin. Derrière nous, l’imposant cône du volcan Misti, qui aujourd’hui mérite bien son nom (Misty = brumeux en anglais). Il ne nous en faut pas plus pour poser nos mochilas (sac à dos en espagnol) !

Nous prenons ainsi notre premier déjeuner le lendemain matin avec vue, mais ce sera le dernier, car entre temps nous avons découvert l’Alliance Française et son traditionnel restaurant. A Arequipa, il se nomme Zig Zag Crêperie, et si le cuistot n’est pas breton, il doit avoir appris son métier là-bas. Crêpe complète (jambon-fromage-œuf) ou crêpe poire-chocolat couverte de Chantilly, j’en ai presque les larmes aux yeux. A chaque fois que nous passons devant, nous ne pouvons résister à l’envie d’entrer, ne serait-ce que pour un petit expresso.

Mais c’est dans un autre bar qu’Antoinette passera sa première soirée vaudoise. Sans s’être donné rendez-vous, nous entrons dans le bar où se trouvent Christian et Myriam, les Champenois (gens de Champagne ?) que nous avions rencontré à Puno. Dans la deuxième plus grande ville du Pérou, c’est une sacrée coïncidence qui se fête comme il se doit par un apéro ! Ou bien !

Le chamin dans le videOn pourrait croire que nous n’avons fait que manger et boire à Arequipa. Ce n’est pas tout à fait le cas. La ville est magnifique et les empreintes de la colonie se retrouvent partout. A l’époque, chaque ordre religieux y avait construit son église, rivalisant de éclat et de grandeur entre elles. Mais le monument religieux qui nous impressionne le plus n’est pas une église, mais le colossal monastère de Santa Catalina. Tellement étendu qu’on y a trouve des rues bordées de maisons dont le nom de l’occupante est parfois peint au-dessus de la porte. Et je dis bien maison, avec cuisine, vestibule, chambre, tapis, commode et j’en passe. Non pas des cellules glabres comme on pourrait s’attendre dans un endroit où les résidants ont fait vœux de pauvreté. Mais il semble qu’ici, ce vœux signifiait avoir 4 ou 5 esclaves personnels, tout en vivant de la charité du peuple. Dans des conditions pareilles, moi aussi je veux être pauvre ! Un foutage de gueule pareille fait gentiment sourire. Mais quand on sait que les pensionnaires étaient les deuxièmes filles des plus riches familles du Royaume, reproduisant leur train de vie aisé cachée à l’intérieur de ces murs, le tout en profitant de la foi et de la crédulité des petites gens s’éreintant à la tache, alors le sourire tourne un peu au jaune.

 Les environs d’Arequipa ne sont rien moins que dramatiques, avec une poignée de volcans – dont le Misti et ses 5822 mètres d’altitude surplombant la ville – et des canyons vertigineusement profonds. Avec une profondeur d’un peu plus de 3300 mètres, soit plus de deux fois celle du Grand Canyon, le canyon de Cotahuasi est actuellement considéré comme le plus profond du monde. Ce n’est pourtant pas celui que nous choisissons de visiter, mais son bien plus célèbre voisin, le canyon de Colca. Durant 3 jours, nous allons arpenter ses véritables murailles, faisant une boucle depuis Cabanaconde. Le chemin que nous empruntons est accroché à un mur de roche où ne s’épanouissent que des cactus. Il nous emmène quelques mille mètres plus bas, au bord du Rio Colca où il fait bon s’y tremper les pieds. De l’autre côté de la rivière, le paysage est étonnement différent. D’un environnement quasi désertique, nous passons presque dans la jungle. La végétation nous enveloppe, mais pas assez pour nous protéger de gros nuages noirs qui viennent gâcher notre fin de journée. Malgré un bon quart d’heure sous la pluie, nous échappons de justesse à un vrai déluge.

Condor des AndesLe ciel au matin du second jour a bien meilleure allure. Notre chemin commence par redescendre au bord de la rivière, que nous croisons pour atteindre un petit oasis. Dans cet univers rocailleux, la vision de palmiers au milieu d’une belle pelouse est pour le moins insolite. Ajoutez à cela des piscines alimentées par les chutes d’eau voisines et on se croirait presque au paradis. Un paradis qui nous quittons un peu plus vite que prévu, chassés par un ciel s’assombrissant un peu trop vite à notre goût. Surtout qu’il nous faut maintenant ressortir du canyon. Les mille mètres de dénivelé sont bouclés en un peu plus de 2 heures, mais c’est loin d’être une partie de plaisir. La paroi est tellement verticale que nous croyons à plusieurs reprises en avoir enfin atteint le sommet, alors qu’un autre pan de mur se dévoile à nous. C’est le genre de chemin où l’on finit par ne regarder que la pointe de ses souliers...

Le troisième jour est physiquement le plus facile. Il est aussi le plus spectaculaire. Un court trajet en bus nous amène au lieu-dit « Cruz del Condor ». La raison en est simple : On peut y observer quasiment tous les jours des condors. Surfant les thermiques matinaux, ils grimpent presque sans battements d’aile depuis le fond du canyon. Voir ces oiseaux, dont l’envergure atteint les trois mètres et demi, planer ainsi juste sous notre nez est tout simplement féerique, et restera incontestablement un des grands moments de notre voyage. Qui en compte déjà bien quelques uns. Cela va en faire des souvenirs à gérer une fois de retour !

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