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Une année sur la route Version imprimable
Ecrit par Stéphane   
11-04-2007
365 jours à travers l'Asie

J'avais fait un joli projet de voyage avant de partir. Des heures de recherche, sur internet, dans des guides. J'avais même approximé les durées dans chaque pays, pour arriver à environ une année de vagabondage entre Istanbul et Bali. Puis je suis parti... L'année est maintenant faite, et Bali n'est même pas en vue. Mais qu'ai-je donc fait de mon temps? Que s'est-il passé pour que je sois encore bien loin de l'arrivée?

Tout a débuté à Istanbul en Turquie. L'émerveillement. L'Histoire avec un H majuscule. Puis la côte de la mer Egée avec toujours autant de cailloux anciens. Tout pour me plaire, et mis à part un coût bien supérieur à ce que j'avais prévu, tout commençait pour le mieux. Venait ensuite l'Iran, pour lequel je n'avais pas d'attente particulière, si ce n'était que le pays se trouvait sur ma route. Et là, c'est la première grosse surprise. Le coup de coeur. Pour des gens incroyables, d'une hospitalité qu'on ne peut décrire par des mots et qu'il faut avoir expérimentée pour comprendre. Je tombe aussi pour la première fois amoureux. D'Esfahan, où je passe deux fois. Des deux ou trois semaines que j'avais prévu à l'origine, je finis par en passer plus de six! J'y rencontre les premiers cyclistes, Stephen, Erika et Robin, et Maurizio, et je me laisse envoûter par leurs histoires, leurs aventures.

Je quitte finalement l'Iran presque à contre coeur pour ne pas perdre mon visa ouzbek, qui m'avait coûté assez cher comme ça! Une course de trois jours à travers le Turkménistan, avec une visite éclair des  ruines encore quasi inexplorées de la ville de Merv, m'aura permis d'avoir eu un petit aperçu de la mégalomanie d'un dictateur qui depuis a rendu l'âme. J'entre en Ouzbékistan à Bukhara, et c'est là que je tombe pour la première fois malade. Comme un chien, par plus de 45 degrés Celsuis. Une bactérie qui, après une dizaine de jours, me laisse affaibli, sans la moindre envie d'affronter le désert jusqu'à Khiva, qui attendra mon prochain passage dans la région. C'est à Samarcande que je prend la décision de continuer mon périple à vélo, et mobilise la famille pour m'envoyer le nécessaire à Bishkek. La capitale du Kirghizstan est donc le point départ d'un deuxième voyage. Et à nouveau voyage, nouvelle destination. Je vise donc maintenant le Japon. Même s'il me faut tout d'abord batailler ferme pour arracher mon vélo des griffes des douanes kirghiz.

Une autre aventure débute. Je touche du doigt la Liberté dans les grands espaces, que je commence par galoper en groupe organisé, puis sur la selle bien plus étroite et moins confortable de mon vélo, je m'enfonce vers des endroits de plus en plus isolés, jusqu'à avoir l'impression d'être seul au monde avant de passer la frontière de la Chine par le col du Torugart. Et si les espaces étaient grands du côté kirghiz, le Xinjiang et le Tibet ont encore une autre dimension, paraissant presque vides par moment. Un sentiment  de solitude absolue, que seule la présence de Maurizio trompe.

Ma ceinture flotte un peu lorsque je quitte les hauts plateaux tibétains. La descente sur le Népal reste à ce jour le plus beau jour de vélo de toute ma vie. Si j'ai approché la Liberté avec ce mode de transport, il m'a sans doute fait connaitre le bonheur total. Celui que l'on ressent lorsque chaque sens est en ébullition, juste avant le court-circuit général. J'entre à Kathmandu entièrement vidé, émotionnellement et physiquement. Mon relâchement y est total, trop même puisque je me jette moi-même dehors après cinq semaines de farniente. L'Inde m'attend, avec ses routes peuplées de fous du volant, ses cracheurs de paan aux dents pourries et toutes les autres merveilles qui en font un des pays les plus frustrants que j'aie visité. Je suis heureux de le quitter après deux mois, ne pouvant plus supporter les indiens et me jurant d'y revenir bientôt pour en voir une autre partie. Tel est l'effet de ce pays de fous indisciplinés. Sur la fin de mon séjour aux Andamans, mon voyage change à nouveau de visage. On m'offre de visiter l'Australie en échange de quelques articles. Le Japon est donc remis à plus tard. Mais je dois d'abord rejoindre l'Asie du sud-est, et depuis l'Inde, je me trouve obligé de prendre l'avion, puisque le Myanmar ne se traverse toujours pas par la terre.

Tout démonter, tout emballer, tout enregistrer. Et surtout payer. Cher! Voler avec un vélo n'est pas une chose que je recommande, mais c'était la seule solution qu'il me restait pour arriver à Bangkok dans les temps. Après une dizaine de mois, je retrouve mes parents, mon oncle et ma tante en Thaïlande pour 2 semaines de vacances dans le nord. Ayant laissé toutes mes affaires a Bangkok, je profite de traverser le nord du Laos sur le chemin du retour. C'est à Luang Prabang que je fais la connaissance d'Antoinette, et les projets changent à nouveau. Je tombe pour la seconde fois amoureux, d'une personne cette fois. La séparation en est d'autant plus douloureuse, et c'est comme en fuite que je m'en vais au Cambodge.

Tous ces projets étaient tellement beaux, mais la réalité du voyage est telle qu'ils n'y ont pas résisté longtemps. De découvertes surprenantes en rencontres inattendues, ils ont été déformés, transformés voire effacés parfois, pour être remplacés par d'autres que le même sort attendait un peu plus loin sur la route. Et puis, ne dit-on pas que ce n'est pas la destination qui compte, mais le voyage en lui-même? Avec des raisonnements pareils, je me rends compte que je ne suis pas encore sur le chemin du retour. Mais après tout, nous vivons sur une sphère, et au pire, à continuer dans le même sens, je finirais bien par revenir au point de départ...

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