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Les trains indiens Version imprimable
Ecrit par Stéphane   
08-01-2007
Ou le chemin de croix avec un vélo

C'est à Varanasi que Maurizio et moi avons vu nos routes se séparer pour de bon cette fois, puisqu'il a pris le chemin du retour. Autant lui que moi devions gagner un peu de temps, et le train se présentait comme LA solution. Pour se faciliter la vie, nous sommes passés par un agent de voyage. Maurizio avait une réservation pour le 25, et mon billet pour Bubaneshwar était pour le 26. Mais au soir du 25, quelques heures après s'être dit au revoir dans la rue, Maurizio réapparaissait à l'hôtel. Il ne lui avait pas été permis de monter à bord du train avec son vélo! Nous l'avions pourtant bien précisé lors de la réservation, et tout ça ne laissait rien présager de bon pour moi.

Le lendemain, Maurizio, ayant changé ses plans, s'en alla à vélo, et je fonçais à la gare. Première surprise, j'y apprenais que je devais aller dans une autre gare, un peu en dehors de la ville, pour pouvoir embarquer avec mon vélo, qui serait chargé dans le wagon à bagages. Je quittais donc mon hôtel quelques six heures avant le départ du train, fixé à 21h00, afin de ne pas rouler de nuit. Et ce fut une bonne précaution,  puisque le chemin de croix commençait directement à la sortie de la ville où le pont que je devais emprunter pour traverser le Gange était fermé. Je dû charger mon vélo sur une barque pour traverser, et arrivais finalement à la gare de Mughal Sarai alors que le soleil se couchait. Mais au département des bagages et colis, le responsable commenca par me dire qu'il n'y avait plus de place dans le wagon à bagages, et qu'il mettrait mon vélo dans le prochain train. Inutile de dire que cette solution ne me convenait absolument pas. J'usais de toute ma diplomatie, et la résistance céda. Je démontais presque entièrement mon vélo pour l'emballer dans un sac de jute, que le responsable jugeait suffisamment petit pour être glissé sous les banquettes.

Il ne me restait plus qu'à louer les services d'un coolie pour amener le tout sur le quai et y attendre le train. Une attente qui dura, entre mon avance et le retard du train, plus de 8 heures. Et quand il arriva enfin, à près de 3 heures du matin, les quais étaient bien désert. A l'inverse de mon wagon, bondé de touristes indiens à destination Puri pour passer la pause de fin d'année. Il n'y avait évidemment aucune place sous les sièges, mais le wagon suivant était fermé par un rideau de fer. Je glissais donc mes affaires entre les deux wagons et cadenassais la porte avant d'aller m'allonger sur ma couchette. Pas pour longtemps, puisqu'un inconnu me réveillait peu avant 6 heures pour enlever ma chaîne fermant la porte. Mon sang ne fit qu'un tour quand je vis des gens à la place de mes affaires qui avaient disparu! En fait, le wagon suivant était celui de la cuisine, et mon vélo et ma remorque, dont le pare-boue avait été cassé, étaient posés de manière à ne pas trop déranger, mais sur le passage et à la vue de tout le monde. Quelle misère, je n'allais pas passer les 15 heures de voyage restantes debout à côté de mon vélo!

Inch'Allah. C'est ce que je me suis dit. Il n'y avait absolument rien que je puisse faire de plus, si ce n'était aller périodiquement jeter un oeil. Et lors d'une de ces vérifications, je me fis prendre à partie par le responsable du wagon de cuisine, qui n'était pas content de voir mes affaires bloquer une des quatre portes. Le ton de la conservation montait, mais finalement, exaspéré par le fait que tout ce qu'on m'avait dit jusque la n'étaient que pure connerie et par la fatigue, je criais plus fort que lui, quand soudainement il me demandait si j'étais marié. Si j'avais faim. La conversation était terminée et mes affaires allaient rester là.

Les six heures de retard du train me firent arriver a Bubaneshwar de nuit. Je remontais mon vélo sur le quai sous les yeux d'une foule de curieux, avant de partir en quête d'une chambre. Une quête qui fut plus longue que d'habitude, car, vacances obligent, la première demi-douzaine d'hôtels était complète. Finalement, j'ai gagné une bonne dizaine de jours avec ce petit coup d'accélérateur, mais je crois pouvoir affirmer que l'expérience ne sera pas renouvelée...

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